J’ai animé il y a peu un atelier sur la thématique du personal branding et du storytelling en partenariat avec OpenWork – Le Monde Après. L’exercice étant de raconter aux autres son histoire et pourquoi on avait choisi de monter son activité. Les autres participants devaient ensuite donner leur ressenti, ce qu’ils avaient compris, aimé ou moins. Un grand merci à la dizaine de participants car se fut un beau moment d’échange avec beaucoup d’émotion et de bienveillance. Je vous résume dans cet article 12 points essentiels qui sont ressortis lors de cet atelier pour réussir votre storytelling vous aussi.

Voilà comment s’est déroulé l’exercice. J’ai d’abord demandé à chacun de se présenter comme il l’aurait fait normalement. Chacun a mis l’accent sur son parcours professionnel puis sur les services, la marque, ou le produit vendu. On a refait un tour de table mais cette fois je leur ai demandé de nous raconter une histoire. Mais pas n’importe laquelle, la leur. La première constatation, c’est que finalement le parcours professionnel n’avait plus vraiment d’importance ! On était plus dans des vrais moments de vie qui ont servi à construire leur histoire. Autre constatation : à la fin de leur histoire, leur activité a été beaucoup mieux comprise par les autres, ils ont complètement adhéré au concept, le soutenant, donnant des idées, et ayant envie d’y participer.

C’est ça le pouvoir du storytelling : convaincre et faire adhérer.

Voici les astuces qu’ils ont utilisées spontanément pour réussir leur storytelling.

Soyez authentique et sincère

Dans chaque histoire ce jour-là, ce qui a plu systématiquement, c’est de pouvoir apprendre à mieux connaitre l’autre. Être authentique, c’est donner l’opportunité de mieux nous comprendre, mieux cerner notre personnalité. N’oubliez pas que vous êtes le premier représentant de votre marque ou votre entreprise, et si on comprend qui vous êtes, vos vraies convictions profondes, vos valeurs, on comprend votre activité.

Julie, Bruno et Patricia se sont reconvertis tous les 3 dans le « bien-être ». Pourtant on a eu 3 notions de bien-être différentes. Chez Bruno, le bien-être passe par le corps et la nutrition, chez Julie par le mental, et Patricia en fait un outil loin des « bulles de savon » pour améliorer la performance commerciale.

Soyez authentique avec votre audience, il faut qu’elle comprenne à travers votre discours vos convictions et votre personnalité.

Mettez de l’émotion

Lorsque Marie nous a raconté son histoire et celle de sa mère qui lui a transmis l’envie de coudre, on avait tous la larme à l’œil avec elle. L’émotion est quelque chose de mémorable, d’instinctif, elle va guider inconsciemment l’acte d’achat. Je dis toujours lors de mes ateliers que personne n’achètera ce que vous faites mais pourquoi vous le faites. Alors forcément, quand c’est un hommage à sa mère, à son enfance, à ses rêves, on se sent en adéquation avec le produit.

Axer son storytelling sur la transmission, sur un parcours de vie, sur une expérience vécue, est un très bon moyen de conquérir son audience. Évidemment n’oubliez pas le 1er point, tout cela doit être sincère et authentique.

Parlez à votre cible

N’oublions pas que vous devez raconter votre histoire dans l’objectif que votre cible s’identifie à votre produit ou service. Pour cela il est très important de notre connaitre sa cible pour ne pas tomber dans « jeracontemavie.com » ! Oui le storytelling ça peut aussi devenir barbant… Patricia l’a bien compris avec sa cible de directeur commercial et patron d’entreprise, soucieux d’améliorer la performance commerciale de leur collaborateur, difficile de leur expliquer les bienfaits de la méditation. Alors adaptez votre discours selon vos interlocuteurs !

Un autre moyen de faire intervenir son interlocuteur est de les interpeller, comme l’a très bien fait Stéfanne. Très engagée dans les problématiques RSE elle n’a pas hésité à nous interpeller par des « Et vous ? » ou « Vous saviez que … » ou encore « vous aviez déjà vu… » On acquiesce, on s’interroge, et on permet à l’autre de ne pas écouter passivement mais de participer.

Rebondissez sur ce que vous avez entendu

Il est très bien de savoir parler mais il faut également savoir écouter. Alors laissez parler votre prospect pour en savoir plus sur lui et ainsi pouvoir, dans votre storytelling, rebondir sur ses propos. Ce qu’a fait Bruno en reprenant les paroles d’un autre participant en utilisant la phrase « comme tu l’as si bien dit… ». C’est un bon moyen de valoriser son interlocuteur et lui montrer qu’on l’a écouté et qu’on s’est intéresse à lui, à ses besoins et à son point de vue.

Mettez des touches d’humour

On a un peu pleuré… mais on a surtout beaucoup rigolé. Je crois que pratiquement tout le monde a utilisé quelques pointes d’humour dans son storytelling. Parce qu’on a tous une petite anecdote drôle et croustillante à raconter. Inutile d’en faire trop, le storytelling n’est pas un sketch de Gad Elmaleh, mais faire sourire son audience, c’est aussi gagner sa sympathie.

Allez-y avec parcimonie, mais l’humour est un très bon ingrédient, plutôt simple et spontanément utilisé, pour réussir votre storytelling.

Dynamisez votre discours avec du dialogue

Votre objectif n’est sûrement pas que votre interlocuteur s’ennuie… il va falloir mettre un peu de rythme dans votre discours. Ralentir, puis accélérer, et pourquoi pas intégrer une courte phase de dialogue ? Parfait pour expliquer une situation ou raconter une anecdote.

« Un jour, mes parents ont voulu savoir ce que je voulais faire dans la vie. Ce à quoi j’ai répondu que je ne savais pas ! Ils m’ont dit tu dois faire des études et trouver un CDI ! Alors j’ai fais des études et j’ai trouvé un CDI… Mais au bout de quelques mois je voulais déjà changer… D’hôtesse de l’air à assistante de direction, on m’a longtemps surnommé la reine du CDI » Merci à Julie de nous avoir fait rire en nous permettant de s’identifier à son parcours, parce qu’on a tous vécu ce moment où on a dû choisir notre « voie professionnelle ».

Gardez votre fil conducteur et structurez votre histoire

Clairement on n’est pas tous des littéraires, des narrateurs ou des écrivains en puissance. Il faut faire avec. Pour essayer tout de même de structurer votre histoire, j’ai 2 conseils à vous donner :
– Ne vous éparpillez pas, sachez à l’avance là où vous voulez emmener la personne qui vous lit ou vous écoute. Forcément vous avez eu une vie riche d’expériences, mais n’oubliez pas votre objectif : raconter pourquoi vous avez choisi d’exercer votre nouvelle activité.
– Pensez votre discours en 3 étapes simples, la situation initiale, les péripéties, et la situation finale. Respectez cet ordre au mieux pour ne pas perdre l’écoute. Cela peut se traduire par qui vous étiez, que s’est-il passé dans votre vie et enfin qui vous êtes maintenant.

Faites court

Une fois qu’on se prend au jeu, faire court est souvent ce qu’il y a de plus difficile. Au tout début de l’atelier, la plupart des participants avaient comme problématique de ne pas réussir à écrire de contenu, et au final beaucoup d’entre eux on raconté une histoire beaucoup trop longue. Bonne nouvelle, sur ce point vous vous améliorerez à force de travail. Observez les réactions de votre auditoire pour vous rendre compte de ce qui fonctionne bien et ce que vous pouvez retirer de votre storytelling.
Commencez par écrire vos idées, structurez votre pensée, il n’est pas toujours utile de tout raconter mais regardez ce qu’il y a le plus de cohérent avec la finalité de votre entreprise. Et puis testez votre storytelling à l’oral et observez les réactions.

Expliquez le nom de votre marque

Une bonne stratégie pour soit introduire ou conclure son storytelling c’est de raconter pourquoi et comment le nom a été choisi. C’est justement lorsque que Élodie nous a expliqué son histoire que d’un coup, le nom de sa marque a prit tout son sens. La marque devient plus authentique et on a un attachement qui se crée. Une sorte d’histoire dans l’histoire qui va à coup sûr convaincre votre audience !

Choisissez avec soin votre vocabulaire

Bien choisir ses mots, c’est réussir à amener votre audience à ressentir des émotions. Pour cela, utilisez des mots qui expriment des sensations. Par exemple, Cyrielle lors de l’atelier, nous a exprimé ce qu’elle avait ressenti dans de sa dernière activité salariée, notamment une situation d’inconfort. En utilisant un vocabulaire de « doute » de « stress » de « peur » elle nous a projeté dans son vécu et validé son projet, plus en accord avec ses valeurs.

Évitez de parler de votre offre

Dans son storytelling, on est super tenté de vanter son offre n’est-ce-pas ? Et bien que nenni ! Vous allez perdre la confiance de vos interlocuteurs à partir du moment où ils vont sentir que vous allez leur vendre quelque chose. On est dans l’histoire, surtout pas dans l’argumentaire commercial. Si comme Patricia, vous avez un passé de commercial, ça va être compliqué mais surtout restez concentré sur vous, vos valeurs, votre marque, mais pas vos produits ou vos services. Dites-vous que tout le monde sait déjà ce que vous vendez, ce qu’ils veulent savoir c’est pourquoi.

Parlez de vous à la 3ème personne

Un peu plus osé mais plutôt percutant, parler de soi à 3ème personne est une manière originale de raconter une histoire. C’est le choix qu’a fait José, il a commencé son storytelling en parlant « d’un jeune homme » et puis en switchant par « je ». Très bon orateur, employé « il » était une marque, non pas de prétention, mais de pudeur pour exprimer son parcours de formateur. Effet de surprise garantie. Attention néanmoins à ne pas être mal interprété et à l’utiliser toujours dans la plus grande sincérité. La bonne idée est de lancer l’intro avec la 3ème personne puis de raconter les péripéties et la conclusion avec « je ».

En conclusion

Vous ne pourrez pas plaire à tout le monde, et c’est l’essentiel ! Surtout ayez un parti-pris et gardez-le. La clé, c’est d’être vous-même et de sortir du cadre de la vente classique.

Suite à notre atelier, Julie a publié son premier article sur son blog ! Découvrez-le ici.

12 bonnes idées pour réussir votre storytelling
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